Exercices — Les spectres lumineux
💡 Conseil : fais chaque exercice au brouillon avant d’ouvrir le corrigé — c’est en te trompant que tu progresses.
Exercice 1 — Longueur d’onde et couleur
Le domaine visible s’étend environ de (violet) à (rouge).
- Convertir et en mètres.
- Un laser émet un rayonnement de longueur d’onde . Ce rayonnement est-il visible ? Quelle est sa couleur approximative ?
- Ce rayonnement laser est dit « monochromatique ». Que signifie ce mot ?
Voir le corrigé
1. , donc :
- ;
- .
2. est bien compris entre et : le rayonnement est visible. Il se situe vers le milieu du spectre, du côté des courtes longueurs d’onde après le bleu : c’est un vert.
3. « Monochromatique » signifie une seule couleur, c’est-à-dire une seule longueur d’onde. À l’inverse, la lumière blanche est polychromatique : elle contient toutes les longueurs d’onde du visible.
Exercice 2 — Le filament de la lampe
Une lampe à filament est branchée sur un générateur réglable. On observe son spectre avec un prisme.
- Quel type de spectre observe-t-on : continu ou de raies ?
- À faible tension, le filament est à peine rouge. On augmente la tension : le filament devient éclatant, presque blanc. Comment le spectre évolue-t-il ?
- De quelle grandeur physique ce spectre dépend-il ?
Voir le corrigé
1. Un corps chaud (le filament) émet un spectre continu : toutes les couleurs se suivent sans interruption, du rouge au violet. C’est un spectre d’origine thermique.
2. À faible tension, le spectre est pauvre : il ne contient que du rouge. Quand la tension (donc la température du filament) augmente, le spectre s’enrichit progressivement vers le bleu-violet : orange, jaune, vert, bleu apparaissent, et la lumière paraît de plus en plus blanche.
3. Le spectre continu d’origine thermique ne dépend que de la température du corps qui émet : plus le corps est chaud, plus son spectre est riche vers le bleu-violet. Il ne dépend pas de la nature du matériau.
Exercice 3 — Identifier un gaz grâce à ses raies
Une lampe à décharge contient un gaz inconnu. Son spectre d’émission présente des raies aux longueurs d’onde suivantes : , , et .
Tables de référence (raies d’émission principales) :
| Entité chimique | Longueurs d’onde des raies (nm) |
|---|---|
| Hydrogène | 410 ; 434 ; 486 ; 656 |
| Hélium | 447 ; 501 ; 587 ; 668 |
| Sodium | 589 ; 590 |
- Décrire l’aspect d’un spectre de raies d’émission.
- Identifier le gaz contenu dans la lampe. Justifier.
- Pourquoi dit-on qu’un spectre de raies est la « signature » d’une entité chimique ?
Voir le corrigé
1. Un spectre de raies d’émission est constitué de quelques raies fines et colorées sur fond noir : le gaz, chauffé à basse pression, n’émet que certaines longueurs d’onde bien précises.
2. Les quatre raies observées (, , et ) correspondent exactement aux raies de l’hydrogène dans la table. Le gaz de la lampe est donc de l’hydrogène.
3. Chaque entité chimique possède son propre ensemble de raies : deux entités différentes n’ont jamais le même spectre de raies. Comparer les longueurs d’onde mesurées à des tables de référence permet donc d’identifier l’entité sans ambiguïté — comme une empreinte digitale.
Exercice 4 — Bételgeuse et Rigel
Dans la constellation d’Orion, deux étoiles brillantes se distinguent à l’œil nu : Bételgeuse, nettement rouge-orangée, et Rigel, bleutée.
- Quelle information la couleur d’une étoile donne-t-elle ?
- Classer Bételgeuse et Rigel de la plus froide à la plus chaude. Justifier.
- Le Soleil, jaune-blanc, a une température de surface d’environ . Situer sa température par rapport à celles des deux étoiles précédentes.
Voir le corrigé
1. La lumière d’une étoile provient d’un corps chaud : son spectre continu, donc sa couleur, renseigne sur sa température de surface. Plus l’étoile est chaude, plus son spectre est enrichi vers le bleu-violet.
2. Bételgeuse est rouge : son spectre est pauvre en bleu, elle est donc relativement froide (environ en surface). Rigel est bleutée : son spectre est très riche vers le bleu-violet, elle est donc beaucoup plus chaude (plus de ). Classement : Bételgeuse < Rigel.
3. Le Soleil, jaune-blanc, est intermédiaire : plus chaud que la rouge Bételgeuse, mais bien plus froid que la bleue Rigel.
Contrairement à ce que suggère notre intuition (robinet rouge = chaud, bleu = froid !), en astronomie le bleu est plus chaud que le rouge.
Exercice 5 — Le spectre d’une étoile (type contrôle ⭐)
On analyse la lumière d’une étoile à l’aide d’un spectroscope. On observe un fond continu, dans lequel on repère des raies aux longueurs d’onde , , et , ainsi que les raies , et .
On rappelle les tables de l’exercice 3 :
| Entité chimique | Longueurs d’onde des raies (nm) |
|---|---|
| Hydrogène | 410 ; 434 ; 486 ; 656 |
| Hélium | 447 ; 501 ; 587 ; 668 |
| Sodium | 589 ; 590 |
- Quel élément du spectroscope permet de disperser la lumière de l’étoile ?
- Quelle information le fond continu du spectre apporte-t-il sur l’étoile ?
- Quelles entités chimiques les raies permettent-elles d’identifier dans l’atmosphère de l’étoile ?
Voir le corrigé
1. La dispersion de la lumière est réalisée par un prisme ou un réseau : chaque longueur d’onde est déviée différemment, ce qui étale les couleurs et fait apparaître le spectre.
2. Le fond continu est d’origine thermique : il renseigne sur la température de surface de l’étoile. Plus ce fond est riche vers le bleu-violet, plus l’étoile est chaude.
3. On compare les raies observées aux tables :
- , , et : ce sont les quatre raies de l’hélium ;
- , et : trois raies de l’hydrogène.
L’atmosphère de l’étoile contient donc de l’hydrogène et de l’hélium. C’est exactement ainsi que l’hélium a été découvert en 1868… dans le spectre du Soleil, avant même d’être trouvé sur Terre — d’où son nom, venu de Hélios, le Soleil !
Envie d’aller plus loin ? Reçois gratuitement le classeur de fiches de ta classe par email : l’essentiel du cours, prêt à imprimer, pour réviser tout le programme.
Revoir le cours
- Les spectres lumineux (2de)