Exercices — Conversion et transport de l'énergie électrique
💡 Conseil : fais chaque exercice au brouillon avant d’ouvrir le corrigé — c’est en te trompant que tu progresses.
Exercice 1 — Des chaînes de transformations énergétiques
Décrire la chaîne de transformations énergétiques (forme d’énergie de départ, conversions successives, énergie électrique à l’arrivée) pour chacun des dispositifs suivants :
- un barrage hydroélectrique ;
- une centrale nucléaire ;
- un panneau photovoltaïque ;
- une pile à hydrogène.
Préciser à chaque fois s’il s’agit d’une conversion d’énergie mécanique (directe ou indirecte), d’énergie radiative ou d’une conversion électrochimique.
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1. Barrage hydroélectrique. Énergie mécanique de position de l’eau du lac → énergie mécanique de mouvement dans la conduite → rotation de la turbine → énergie électrique via l’alternateur. C’est une conversion d’énergie mécanique directe.
2. Centrale nucléaire. Énergie nucléaire des noyaux d’uranium → énergie thermique (chaleur du réacteur) → vaporisation de l’eau, la vapeur sous pression fait tourner la turbine (énergie mécanique) → énergie électrique via l’alternateur. C’est une conversion d’énergie mécanique indirecte, car elle passe par l’étape thermique.
3. Panneau photovoltaïque. Énergie radiative du Soleil → énergie électrique, directement dans le matériau semi-conducteur. Conversion de l’énergie radiative — sans aucune pièce en mouvement ni alternateur.
4. Pile à hydrogène. Énergie chimique du dihydrogène → énergie électrique par réaction contrôlée avec le dioxygène. C’est une conversion électrochimique, sans combustion.
Réflexe à retenir : les trois familles du programme sont — conversion mécanique (directe : barrages, éoliennes, hydroliennes ; indirecte : nucléaire, solaire thermique, géothermie), conversion de l’énergie radiative (photovoltaïque) et conversion électrochimique (piles, accumulateurs). Toute chaîne aboutissant à l’électricité sans combustion entre dans l’une d’elles.
Exercice 2 — Le rendement global d’une centrale
Dans une centrale électrique, l’énergie subit deux conversions successives :
- la turbine convertit l’énergie thermique en énergie mécanique avec un rendement de 35 % ;
- l’alternateur convertit l’énergie mécanique en énergie électrique avec un rendement de 95 %.
- Le rendement global est le produit des rendements des étapes successives. Calculer le rendement global de la centrale.
- La centrale reçoit 1 000 MJ d’énergie thermique. Quelle énergie électrique fournit-elle ?
- Où passe l’énergie « perdue » ? Quelle étape de la chaîne faudrait-il améliorer en priorité ?
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1. Les rendements des étapes successives se multiplient :
Le rendement global vaut environ 33 %.
2. Énergie électrique fournie :
Sur 1 000 MJ reçus, seuls 330 MJ environ arrivent sous forme électrique.
3. L’énergie manquante (environ 670 MJ) est dissipée sous forme de chaleur dans l’environnement (circuits de refroidissement, tours aéroréfrigérantes, frottements, effet Joule). C’est la turbine (l’étape thermique → mécanique, à 35 %) qu’il faudrait améliorer en priorité : l’alternateur, déjà à 95 %, n’offre presque aucune marge de progrès. Le maillon faible d’une chaîne de conversion est toujours l’étape au plus petit rendement.
Réflexe à retenir : rendements en série = produit des rendements, jamais leur somme ni leur moyenne. Et le rendement global est toujours inférieur au plus petit des rendements de la chaîne.
Exercice 3 — Pourquoi des lignes à haute tension ?
Une ligne électrique transporte une puissance fixée , où est la tension et l’intensité du courant. Les pertes par effet Joule dans les câbles augmentent fortement avec l’intensité (elles sont proportionnelles au carré de l’intensité).
- On doit transporter une puissance de 90 MW, soit 90 000 000 W. Calculer l’intensité du courant si la tension vaut 15 000 V (ligne moyenne tension), puis si elle vaut 400 000 V (ligne très haute tension).
- De quel facteur l’intensité est-elle divisée en passant de 15 000 V à 400 000 V ? Et les pertes par effet Joule ?
- Conclure : pourquoi transporte-t-on l’électricité sous très haute tension sur les longues distances ?
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1. À puissance fixée, l’intensité se déduit de la formule , donc . Sous 15 000 V :
Sous 400 000 V :
2. Facteur de division de l’intensité :
Les pertes par effet Joule étant proportionnelles au carré de l’intensité, elles sont divisées par environ :
3. À puissance transportée fixée, augmenter la tension diminue l’intensité dans la même proportion, et les pertes par effet Joule chutent comme le carré de cette réduction : diviser l’intensité par 27 divise les pertes par environ 700. C’est pourquoi le réseau utilise la très haute tension (400 000 V en France) sur les longues distances, la tension étant ensuite abaissée par transformateurs à l’approche des utilisateurs.
Réflexe à retenir : la formule suffit à tout comprendre — haute tension ⇒ faible intensité ⇒ pertes Joule minimales. C’est le savoir-faire exigible de cette partie.
Exercice 4 — Quel stockage pour quel usage ? (type contrôle ⭐)
Le réseau doit faire face à l’intermittence de certaines productions (solaire, éolien). Le tableau compare deux dispositifs de stockage :
| Critère | Batterie lithium-ion | Station de pompage (STEP) |
|---|---|---|
| Forme d’énergie stockée | chimique | mécanique |
| Masse à mettre en jeu pour 1 kWh | environ 5 kg | environ 1 800 kg d’eau remontée de 200 m |
| Capacité typique | quelques kWh à quelques MWh | plusieurs milliers de MWh |
| Durée de stockage | heures à jours (autodécharge) | semaines et plus |
| Incidence écologique | extraction de lithium, recyclage difficile | inondation de vallées, obstacles pour les écosystèmes |
- Pourquoi faut-il stocker l’énergie électrique sous une autre forme ?
- Vérifier l’ordre de grandeur pour la STEP : montrer qu’une masse d’environ 1 800 kg d’eau remontée de 200 m correspond bien à environ 1 kWh. On donne l’énergie de position avec , et 1 kWh = 3 600 000 J.
- À l’aide du tableau, proposer le dispositif le mieux adapté : (a) pour lisser sur la journée la production d’une maison équipée de panneaux solaires ; (b) pour stocker massivement l’électricité à l’échelle d’un pays. Justifier avec au moins deux critères à chaque fois.
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1. L’énergie électrique se stocke mal telle quelle. Pour la mettre en réserve, on la convertit sous une forme stockable — chimique (batteries, hydrogène), mécanique (eau en altitude) ou électromagnétique — puis on la reconvertit en électricité au moment voulu.
2. On calcule l’énergie de position de l’eau remontée :
Or 1 kWh vaut 3 600 000 J, soit J : on retrouve bien environ 1 kWh ✓. Cela montre au passage l’énorme différence de masse mise en jeu par kilowattheure : 5 kg de batterie contre près de 2 tonnes d’eau.
3. (a) Maison solaire : la batterie. Capacité de quelques kWh adaptée au besoin domestique, masse et encombrement raisonnables (quelques dizaines de kg), et durée de stockage de quelques heures suffisante pour restituer le soir l’énergie produite à midi. Impossible d’installer une STEP dans un jardin !
(b) Échelle d’un pays : la STEP. Capacité de plusieurs milliers de MWh, très supérieure à celle des batteries, et durée de stockage longue (semaines), adaptée aux déséquilibres saisonniers du réseau. En contrepartie, elle exige un site géographique adapté et a une incidence écologique locale (vallées inondées) à prendre en compte.
Réflexe à retenir : comparer des stockages, c’est croiser systématiquement les critères du programme — capacité, durée de stockage, masse par kilowattheure, incidence écologique. Aucun dispositif ne gagne sur tous les tableaux : le « meilleur » dépend de l’usage.
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