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Exercices — Énergie, choix de développement et futur climatique

💡 Conseil : fais chaque exercice au brouillon avant d’ouvrir le corrigé — c’est en te trompant que tu progresses.

Exercice 1 — Jongler avec les unités d’énergie

L’énergie se mesure en joules (J), mais le monde de l’énergie utilise aussi le kilowattheure (kWh) et la tonne équivalent pétrole (tep). On donne : 1 kWh = 3,6 millions de joules, et 1 tep = 11 600 kWh (l’énergie libérée par la combustion d’une tonne de pétrole).

  1. Un four consomme 2 kWh. Convertir cette énergie en joules.
  2. Un Français consomme en moyenne environ 23 200 kWh d’énergie par an (tous usages : chauffage, transports, industrie rapportée à chaque habitant…). Convertir en tep.
  3. Le corps humain fonctionne avec une puissance moyenne d’environ 100 W, soit environ 876 kWh par an. Comparer à la consommation moyenne d’un Français et commenter.
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1. Chaque kWh vaut 3,6×1063{,}6 \times 10^{6} J, donc :

2×3,6×106=7,2×106 J2 \times 3{,}6 \times 10^{6} = 7{,}2 \times 10^{6}\ \text{J}

soit 7,2 millions de joules.

2. On divise par le facteur de conversion :

2320011600=2 tep\frac{23\,200}{11\,600} = 2\ \text{tep}

Un Français consomme en moyenne environ 2 tonnes équivalent pétrole par an — comme s’il brûlait 2 tonnes de pétrole chaque année.

3. On calcule le rapport entre les deux :

2320087626\frac{23\,200}{876} \approx 26

Chaque Français consomme donc environ 26 fois l’énergie de son propre corps : tout se passe comme si chacun disposait de 26 « serviteurs énergétiques » invisibles (machines, véhicules, chauffage…). Cet ordre de grandeur illustre la dépendance énergétique de nos modes de vie — et cette consommation est très inégalement répartie entre pays riches et pauvres.

Réflexe à retenir : le programme exige de savoir passer d’une unité à l’autre (J, kWh, tep) et de comparer des ordres de grandeur (corps humain, objets du quotidien, centrales…). Garde en tête : 1 kWh = 3,6 millions de J.

Exercice 2 — Le cycle du carbone bousculé

Le schéma étudié représente le cycle du carbone avec les stocks approximatifs de quelques réservoirs (en milliards de tonnes de carbone, GtC) : atmosphère 850 ; végétation et sols 2 300 ; océans 38 000 ; combustibles fossiles 5 000 à 10 000. Les activités humaines transfèrent chaque année environ 10 GtC des réservoirs fossiles vers l’atmosphère.

  1. Classer les réservoirs cités du plus petit au plus grand stock.
  2. Le carbone des combustibles fossiles s’est accumulé en environ 100 millions d’années. Au rythme de formation moyen correspondant, combien de temps la nature mettrait-elle à reconstituer les 10 GtC que l’humanité brûle chaque année ? Prendre un stock de 5 000 GtC pour le calcul.
  3. Expliquer alors pourquoi les combustibles fossiles sont qualifiés de ressources non renouvelables.
  4. Citer les deux puits naturels qui absorbent une partie du CO₂ émis par les activités humaines.
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1. Du plus petit au plus grand : atmosphère (850 GtC) < végétation et sols (2 300 GtC) < combustibles fossiles (5 000 à 10 000 GtC) < océans (38 000 GtC). Le réservoir atmosphérique est le plus petit : c’est pourquoi y injecter du carbone le perturbe si vite.

2. Rythme moyen de formation des fossiles :

5000100000000=5×105 GtC par an\frac{5\,000}{100\,000\,000} = 5 \times 10^{-5}\ \text{GtC par an}

Temps nécessaire pour reconstituer 10 GtC :

105×105=2×105 ans\frac{10}{5 \times 10^{-5}} = 2 \times 10^{5}\ \text{ans}

Il faudrait environ 200 000 ans à la nature pour reformer ce que nous brûlons en un an.

3. Le renouvellement des combustibles fossiles demande des dizaines à des centaines de millions d’années, un rythme dérisoire face à celui de notre consommation : les stocks ne se reconstituent pas à l’échelle des sociétés humaines. Ces ressources sont donc non renouvelables — chaque tonne brûlée est perdue pour des millions d’années.

4. Une partie du CO₂ émis est absorbée par l’océan (dissolution dans l’eau de surface, au prix d’une acidification) et par la végétation (les organismes chlorophylliens fixent le CO₂ par photosynthèse). Ces puits n’absorbent toutefois qu’environ la moitié de nos émissions : le reste s’accumule dans l’atmosphère.

Réflexe à retenir : savoir comparer les stocks des réservoirs et citer les ordres de grandeur des durées de transformation du carbone est un attendu explicite du programme. Le contraste clé : formation en millions d’années, combustion en décennies.

Exercice 3 — Charbon ou gaz : le match du CO₂

Le gaz naturel est essentiellement du méthane CH₄ ; sa combustion complète dans le dioxygène produit du dioxyde de carbone et de l’eau.

  1. Vérifier que l’équation de combustion du méthane, écrite ci-dessous, est correctement ajustée en comptant les atomes de chaque côté.

CH4+2O2CO2+2H2O\text{CH}_4 + 2\,\text{O}_2 \rightarrow \text{CO}_2 + 2\,\text{H}_2\text{O}

  1. Pour produire 1 kWh d’énergie thermique, la combustion du charbon émet environ 340 g de CO₂, celle du gaz naturel environ 200 g. Calculer le rapport de ces deux émissions et commenter.
  2. Une centrale au charbon produit 1 000 000 kWh d’énergie thermique par jour. Quelle masse de CO₂ une conversion au gaz permettrait-elle d’éviter chaque jour ?
  3. Pourquoi, malgré ce « match » gagné par le gaz, la transition écologique ne peut-elle pas se limiter à remplacer le charbon par le gaz ?
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1. On compte les atomes de part et d’autre :

  • carbone C : 1 à gauche (CH₄), 1 à droite (CO₂) ✓ ;
  • hydrogène H : 4 à gauche (CH₄), 2 × 2 = 4 à droite (H₂O) ✓ ;
  • oxygène O : 2 × 2 = 4 à gauche (O₂), 2 + 2 = 4 à droite (CO₂ et H₂O) ✓.

L’équation est bien ajustée avec les coefficients 1, 2, 1, 2.

2. Rapport des émissions par kWh :

340200=1,7\frac{340}{200} = 1{,}7

À énergie produite égale, le charbon émet 1,7 fois plus de CO₂ que le gaz naturel. La bonne façon de comparer des combustibles est bien de rapporter la masse de CO₂ à l’unité d’énergie dégagée (grandeur quotient), et non de comparer des masses brutes.

3. Masse évitée par kWh : 340 − 200 = 140 g. Pour un million de kWh :

1000000×140=1,4×108 g=140 tonnes de CO21\,000\,000 \times 140 = 1{,}4 \times 10^{8}\ \text{g} = 140\ \text{tonnes de CO}_2

La conversion éviterait environ 140 tonnes de CO₂ par jour.

4. Parce que le gaz naturel émet encore beaucoup de CO₂ (200 g/kWh, contre zéro en fonctionnement pour le nucléaire, l’éolien ou le solaire) : il réduit le problème sans le résoudre. De plus, son extraction et son transport s’accompagnent de fuites de méthane, gaz à effet de serre bien plus puissant que le CO₂, et il reste une ressource non renouvelable. Le gaz peut être une étape, pas une destination.

Réflexe à retenir : « comparer la masse de CO₂ produite par unité d’énergie dégagée » est le savoir-faire exigible — raisonne toujours en g de CO₂ par kWh, jamais en masses brutes.

Exercice 4 — L’empreinte carbone du lycée (type contrôle ⭐)

Un lycée de 1 000 élèves a estimé son empreinte carbone annuelle : chauffage au gaz 250 tonnes de CO₂ ; cantine 180 tonnes ; déplacements domicile-lycée 150 tonnes ; achats de matériel et numérique 100 tonnes ; électricité 20 tonnes.

  1. Rappeler la définition de l’empreinte carbone. Pourquoi les achats de matériel en font-ils partie, alors que le lycée ne brûle rien en achetant un ordinateur ?
  2. Calculer l’empreinte carbone totale du lycée, puis l’empreinte par élève.
  3. Calculer la part du chauffage dans le total (en pourcentage). Quel poste faut-il traiter en priorité ?
  4. Pour chacun des trois postes principaux, proposer une mesure de réduction réaliste. Indiquer pour chaque mesure un critère (autre que climatique) à prendre en compte avant de décider.
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1. L’empreinte carbone d’une activité ou d’une personne est la masse de CO₂ produite directement ou indirectement par sa consommation d’énergie et de matières premières. Les achats comptent car la fabrication et le transport d’un ordinateur ont émis du CO₂ ailleurs (usine, fret) : ces émissions indirectes sont bien causées par la consommation du lycée.

2. Total :

250+180+150+100+20=700 tonnes de CO2 par an250 + 180 + 150 + 100 + 20 = 700\ \text{tonnes de CO}_2\ \text{par an}

Par élève :

7001000=0,7 tonne par eˊleˋve et par an\frac{700}{1\,000} = 0{,}7\ \text{tonne par élève et par an}

soit 700 kg de CO₂ par élève.

3. Part du chauffage :

2507000,36=36 %\frac{250}{700} \approx 0{,}36 = 36\ \%

Le chauffage est le premier poste (plus d’un tiers du total) : c’est lui qu’il faut traiter en priorité — une réduction de 20 % du chauffage rapporte plus que la suppression totale de l’électricité.

4. Exemples de mesures (d’autres réponses sont possibles) :

  • Chauffage : isoler le bâtiment et remplacer la chaudière au gaz (pompe à chaleur, réseau de chaleur). Critère à considérer : le coût d’investissement et la durée des travaux — l’inertie des infrastructures, que le programme invite à confronter à l’urgence de l’action ;
  • Cantine : augmenter la part de menus végétariens et de produits locaux de saison. Critère : l’équilibre nutritionnel et l’acceptation par les élèves (conséquences sociales) ;
  • Déplacements : favoriser vélo, covoiturage et transports en commun (abris à vélos, horaires adaptés). Critère : la faisabilité locale — sécurité des trajets, existence de lignes de bus, élèves habitant loin en zone rurale.

Réflexe à retenir : une analyse d’empreinte carbone suit toujours le même plan — calculer, hiérarchiser les postes, agir d’abord sur le plus gros, et évaluer chaque mesure selon plusieurs critères (climatique, économique, social, faisabilité), comme l’exige le programme.


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