Exercices — La biodiversité et son évolution
💡 Conseil : fais chaque exercice au brouillon avant d’ouvrir le corrigé — c’est en te trompant que tu progresses.
Exercice 1 — Estimer la biodiversité d’une prairie
Lors d’une sortie de terrain, une classe inventorie les papillons observés dans deux prairies voisines, pendant la même durée :
| Espèce observée | Prairie fauchée | Prairie non fauchée |
|---|---|---|
| Piéride du chou | 12 | 9 |
| Myrtil | 3 | 11 |
| Azuré commun | 0 | 7 |
| Machaon | 0 | 2 |
| Vulcain | 1 | 6 |
- Définir la richesse spécifique d’un milieu, puis la calculer pour chaque prairie.
- Calculer l’abondance totale (nombre d’individus) observée dans chaque prairie.
- Que peut-on conclure de cette comparaison ? Pourquoi parle-t-on d’estimation et non de mesure exacte ?
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1. La richesse spécifique est le nombre d’espèces différentes présentes dans un milieu.
- Prairie fauchée : 3 espèces observées (piéride, myrtil, vulcain) ;
- Prairie non fauchée : 5 espèces observées.
2. On additionne les individus :
- Prairie fauchée : 12 + 3 + 0 + 0 + 1 = 16 papillons ;
- Prairie non fauchée : 9 + 11 + 7 + 2 + 6 = 35 papillons.
3. La prairie non fauchée abrite une biodiversité plus grande, à la fois en nombre d’espèces et en abondance : la pratique humaine (le fauchage) a un effet mesurable sur la biodiversité.
On parle d’estimation car on n’observe qu’un échantillon : certaines espèces discrètes ou rares ont pu échapper au comptage, et un autre jour d’observation aurait donné des nombres un peu différents (c’est la fluctuation d’échantillonnage).
Réflexe à retenir : richesse spécifique = nombre d’espèces, abondance = nombre d’individus. Ne confonds pas les deux !
Exercice 2 — Capture-marquage-recapture dans un étang
Des scientifiques veulent estimer le nombre de carpes d’un étang. Ils capturent 60 carpes, les marquent, puis les relâchent. Quelques jours plus tard, ils capturent 45 carpes, dont 9 portent une marque.
- Quelle hypothèse fait-on sur la proportion de carpes marquées dans la recapture ?
- Estimer l’effectif total de la population de carpes de l’étang.
- Citer une précaution à respecter pour que l’estimation soit fiable.
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1. On suppose que la proportion d’individus marqués est identique dans l’échantillon de recapture et dans la population totale : les carpes marquées se sont mélangées au reste de la population de façon homogène.
2. Dans la recapture, la proportion de marquées vaut . Si les 60 carpes marquées représentent un cinquième de la population, alors on calcule la quatrième proportionnelle :
L’étang contient environ 300 carpes.
3. Il faut par exemple : laisser le temps aux individus marqués de se mélanger à la population, utiliser un marquage qui ne modifie pas leur survie ni leur comportement, et travailler sur une population sans arrivée ni départ massif entre les deux captures.
Réflexe à retenir : la formule se retrouve toujours avec un tableau de proportionnalité — inutile de l’apprendre par cœur si tu sais poser le produit en croix.
Exercice 3 — Intervalle de confiance
Des forestiers étudient la proportion de chênes porteurs d’un lichen dans une très grande forêt. Sur un échantillon de chênes, ils en comptent 100 porteurs du lichen.
On rappelle la formule de l’intervalle de confiance au niveau de confiance de 95 %, où est la fréquence observée sur l’échantillon :
- Calculer la fréquence observée .
- Déterminer l’intervalle de confiance au niveau de confiance de 95 %.
- L’affirmation « la proportion réelle est certainement dans cet intervalle » est-elle correcte ? Justifier.
- Comment rendre l’estimation plus précise ?
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1. La fréquence observée vaut :
2. Avec , on a , donc :
La proportion de chênes porteurs du lichen est estimée entre 20 % et 30 %, au niveau de confiance de 95 %.
3. Non : le niveau de confiance est strictement inférieur à 100 %. À cause de la fluctuation d’échantillonnage, environ 5 % des échantillons donnent un intervalle qui ne contient pas la vraie valeur. On parle de confiance, pas de certitude.
4. En augmentant la taille de l’échantillon : par exemple avec , on aurait , soit un intervalle deux fois et demie plus étroit. Plus l’échantillon est grand, plus l’estimation est précise.
Réflexe à retenir : pour diviser la largeur de l’intervalle par 2, il faut multiplier la taille de l’échantillon par 4 (à cause de la racine carrée).
Exercice 4 — Fragmentation et dérive génétique (type contrôle ⭐)
Une population de 2 000 mulots vit dans une grande prairie. La construction d’une autoroute la coupe en deux : une grande population de 1 900 individus d’un côté, une petite population de 100 individus de l’autre, sans échange possible entre les deux.
Dans la population initiale, un allèle A avait une fréquence de 30 %. Cinquante ans plus tard, sa fréquence est de 29 % dans la grande population… et de 2 % dans la petite.
- Définir la dérive génétique.
- Expliquer pourquoi la fréquence de l’allèle A a beaucoup plus changé dans la petite population que dans la grande.
- Ces populations remplissent-elles les conditions de l’équilibre de Hardy-Weinberg ? Justifier.
- Expliquer pourquoi la fragmentation menace la diversité génétique de l’espèce, et proposer une mesure de gestion pour y remédier.
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1. La dérive génétique est la modification aléatoire des fréquences des allèles au fil des générations, due au hasard de la transmission des allèles lors de la reproduction.
2. La dérive agit d’autant plus fort que l’effectif est faible. Dans une petite population, le hasard de quelques reproductions suffit à faire varier fortement les fréquences — comme une pièce lancée 10 fois peut facilement donner 8 « pile », alors que sur 10 000 lancers on reste proche de 50 %. Ici, l’allèle A a presque disparu de la petite population par hasard, sans être désavantageux.
3. Non. Le modèle de Hardy-Weinberg suppose une population de grand effectif, sans migration, mutation, sélection ni dérive. La petite population (100 individus) subit fortement la dérive : l’écart observé (30 % → 2 %) s’explique par cette force évolutive, hors du cadre du modèle.
4. La fragmentation crée des populations de faibles effectifs où la dérive fait disparaître des allèles au hasard : la diversité génétique globale s’appauvrit, ce qui rend l’espèce plus vulnérable (maladies, changements du milieu). Une mesure possible : construire un corridor écologique (passage à faune au-dessus ou en dessous de l’autoroute) pour rétablir les échanges d’individus — donc d’allèles — entre les deux populations.
Réflexe à retenir : dérive = hasard (effet fort sur les petits effectifs), sélection = avantage ou désavantage dans un milieu. Deux forces évolutives à ne pas confondre dans une question de type bac.
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