Exercices corrigés — Une structure complexe : la cellule vivante
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Le corps d’un adulte compte de l’ordre de 30 000 milliards de cellules ; une bactérie, elle, n’en a qu’une. La plupart des cellules sont trop petites pour l’œil nu : il a fallu le microscope pour les découvrir, puis le microscope électronique pour explorer leur intérieur en détail. Ce chapitre suit cette histoire, situe les tailles de l’atome à l’organisme, puis regarde la cellule fonctionner : un milieu aqueux, limité par une membrane, qui échange en permanence avec l’extérieur. Il se termine sur une question qu’on discute encore : un virus est-il vivant ? Les trois premiers exercices vérifient que le cours est compris, sans calcul : deux quiz et un texte à trous, corrigés dès que tu valides. Les deux suivants sont des situations d’évaluation, avec des documents : un virus qui s’attaque à une bactérie, puis des cellules de betterave plongées dans l’alcool, avec un corrigé rédigé comme au tableau.
La cellule, unité du vivant
1Une découverte liée au microscope
- 1665, Robert Hooke. Au microscope, il observe du liège et nomme « cellules » les petites loges qu’il y voit : les parois de cellules mortes.
- Années 1670, Antoni van Leeuwenhoek. Avec ses microscopes à une seule lentille, il observe des cellules vivantes, par exemple des êtres faits d’une seule cellule dans une goutte d’eau.
- 1838-1839, Schleiden puis Schwann. Les plantes, puis les animaux, sont faits de cellules.
- 1855, Virchow. Toute cellule provient d’une cellule.
- À partir de 1931, le microscope électronique. Il montre l’intérieur des organites et relie l’échelle des molécules à celle de la cellule.
Théorie cellulaire : tout être vivant est fait d’une ou de plusieurs cellules, et toute cellule provient d’une cellule.
Elle s’est construite en observant des structures semblables chez de très nombreux organismes : la cellule est l’unité de structure et de fonctionnement du vivant.
2Situer les tailles du vivant
Le pouvoir de résolution d’un instrument est la taille du plus petit détail qu’il permet de distinguer.
À l’œil nu · détails de plus de 0,1 mm environ
- 1 m organisme : un être humain, environ 1,7 m
- 10−4 m cellule : un ovule humain, environ 0,1 mm, à la limite de l’œil
Au microscope optique · détails de plus de 0,2 µm environ
- 10−5 m cellule : une cellule humaine courante, de 10 µm à 30 µm ; organite : le noyau, environ 6 µm
- 10−6 m organite : une mitochondrie, environ 1 µm ; une bactérie, environ 2 µm, à la fois cellule et organisme
Au microscope électronique · détails de plus de 1 nm environ
- 10−7 m virus : celui de la grippe, environ 0,1 µm
- 10−8 m molécule : une grosse protéine, environ 10 nm ; la membrane plasmique, deux couches de molécules, épaisse d’environ 7,5 nm
- 10−9 m molécule : la largeur d’une molécule d’ADN, environ 2 nm
Plus petit encore
- 10−10 m atome : environ 0,1 nm
1 mm = 10−3 m · 1 µm = 10−6 m · 1 nm = 10−9 m. Donc 1 mm = 1 000 µm et 1 µm = 1 000 nm.
Ordre de grandeur : on écrit la taille en mètres, a × 10n avec 1 ≤ a < 10 ; c’est 10n si a < 5, et 10n+1 si a ≥ 5.
Comparer deux tailles : on les écrit dans la même unité, puis on divise la plus grande par la plus petite.
3Un milieu qui échange
La cellule est un milieu réactionnel aqueux : l’eau représente environ 70 % de sa masse, et des réactions chimiques s’y déroulent en permanence. Le cytoplasme entoure le noyau et les autres organites, des compartiments en général limités par une membrane. La membrane plasmique sépare la cellule de l’extérieur : faite de deux couches de lipides dans lesquelles s’insèrent des protéines, épaisse d’environ 7,5 nm, elle laisse passer certaines substances et en retient d’autres.
Pour fonctionner, la cellule a besoin d’énergie. Le plus souvent, elle la tire de la respiration, qui transforme des nutriments, comme le glucose, en présence de dioxygène, en grande partie dans les mitochondries : elle échange donc en permanence avec son milieu.
glucose + dioxygène → dioxyde de carbone + eau
Mettre en évidence un échange : on mesure ce qui varie dans le milieu et on compare à un témoin, identique à une seule différence près. Ce qui diminue dans le milieu entre dans les cellules ; ce qui augmente en sort.
4Les molécules venues de l’extérieur
Une molécule exogène vient de l’extérieur de la cellule ou de l’organisme : alimentation, air respiré, médicament, pollution. Une molécule endogène est fabriquée par l’organisme lui-même, comme l’insuline produite par le pancréas.
Bon fonctionnement
dioxygène, nutriments, vitamines, médicaments
Dysfonctionnements
alcool, solvants, métaux lourds, composés de la fumée de cigarette, protoxyde d’azote
L’effet dépend de la molécule et de sa dose : un médicament utile à la dose prescrite peut devenir toxique à forte dose.
5Un virus, vivant ou non ?
Un virus est fait d’un matériel génétique (ADN ou ARN) protégé par une coque de protéines, la capside, parfois entourée d’une enveloppe : un morceau de membrane pris à la cellule infectée. Il n’a ni cytoplasme ni ribosomes (les structures qui fabriquent les protéines), et ne produit pas d’énergie : il ne se multiplie qu’à l’intérieur d’une cellule, dont il détourne le fonctionnement.
- Pour le classer parmi les êtres vivants : il possède des gènes, il se multiplie dans une cellule et il évolue.
- Contre : il n’est pas une cellule et ne fonctionne pas seul.
Son statut dépend des critères retenus. La taille ne tranche rien : certains virus sont plus grands que certaines bactéries.
Avant de te lancer : pour les exercices 4 et 5, cherche au brouillon avant d’ouvrir le corrigé : c’est en te trompant que tu progresses. Les exercices réussis se cochent au fur et à mesure, et la page retient où tu en es.
Voir l'invisible
★★★Quiz de compréhension du cours
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Juste. La bonne réponse : Les parois de cellules mortes, vides de leur contenu. Le liège est un tissu mort : ses cellules ne contiennent plus que de l'air, et seules leurs parois restent. Hooke a donc vu des loges vides, sans pouvoir y reconnaître des unités vivantes. Quelques années plus tard, Antoni van Leeuwenhoek observe des cellules vivantes, dans des gouttes d'eau. Des molécules, elles, sont bien trop petites pour un microscope optique : elles mesurent de l'ordre du nanomètre, alors que le plus petit détail qu'il distingue mesure environ 0,2 µm.
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Juste. La bonne réponse : Elles montrent des structures semblables chez les plantes et chez les animaux : la cellule devient l'unité commune des êtres vivants. La théorie cellulaire s'est construite par généralisation : l'observation de structures semblables chez de très nombreux organismes, végétaux comme animaux, a conduit au concept général de cellule. Semblables ne veut pas dire identiques : une cellule de plante est entourée d'une paroi, qu'une cellule animale n'a pas. L'idée que toute cellule provient d'une cellule n'est venue qu'ensuite, avec Virchow, en 1855.
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Juste. La bonne réponse : Il distingue des détails bien plus fins que le microscope optique, de l'ordre du nanomètre. Ce qui limite un microscope, c'est son pouvoir de résolution : la taille du plus petit détail qu'il distingue. Il vaut environ 0,2 µm pour le microscope optique, et il est de l'ordre du nanomètre pour le microscope électronique sur des cellules. Agrandir une image sans améliorer la résolution ne montre aucun détail nouveau. Le microscope électronique a ainsi révélé la structure de la membrane plasmique, l'intérieur des organites et des structures de la taille de grosses molécules. En revanche, les échantillons y sont préparés et placés dans le vide : les cellules observées ne sont plus vivantes.
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Juste. La bonne réponse : À la fois à celui de la cellule et à celui de l'organisme. Une bactérie se nourrit, produit son énergie et se divise : c'est un organisme à part entière, fait d'une seule cellule. Elle appartient donc aux deux niveaux. Sa taille, de l'ordre du micromètre comme celle d'une mitochondrie, ne suffit pas à en faire un organite : un organite est un compartiment situé à l'intérieur d'une cellule. Enfin, elle se voit au microscope optique, puisque 2 µm dépasse largement 0,2 µm.
Une cellule ouverte sur son milieu
★★★Quiz : échanges, molécules exogènes et virus
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Juste. La bonne réponse : Elle transforme le glucose en présence de dioxygène pour obtenir l'énergie nécessaire à son fonctionnement. Le fonctionnement d'une cellule demande un apport d'énergie permanent, et pas seulement au moment où elle se divise. Cette énergie vient surtout de la respiration, qui transforme le glucose en présence de dioxygène et produit du dioxyde de carbone et de l'eau. La cellule prélève donc sans arrêt du glucose et du dioxygène, et rejette du dioxyde de carbone : elle est en interaction permanente avec son milieu.
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Juste. La bonne réponse : Du glucose est entré dans les cellules, en traversant leur membrane plasmique. Ce qui diminue dans le milieu entre dans les cellules ; ce qui augmente en sort. Le témoin, identique mais sans cellules, montre que le glucose ne disparaît pas de lui-même : la diminution est due aux cellules. Pour y entrer, le glucose traverse la membrane plasmique, qui sépare la cellule de son milieu sans l'isoler.
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Juste. La bonne réponse : Une même molécule exogène peut permettre le bon fonctionnement de l'organisme ou provoquer des dysfonctionnements, selon sa dose. Le paracétamol vient de l'extérieur de l'organisme : c'est une molécule exogène, comme les nutriments ou le dioxygène, qui sont indispensables. À la dose prescrite, il soulage la douleur. À forte dose, sa transformation dans le foie produit en excès une molécule toxique, qui détruit des cellules du foie. L'effet d'une molécule exogène dépend donc de la molécule et de sa dose. Une molécule endogène, elle, est fabriquée par l'organisme, comme l'insuline produite par le pancréas.
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Juste. La bonne réponse : Il n'a ni cytoplasme ni ribosomes : il ne peut fabriquer de nouveaux virus qu'à l'intérieur d'une cellule, avec la machinerie de celle-ci. Un virus n'est pas une cellule : c'est un matériel génétique protégé par une coque de protéines, la capside, entourée, pour la grippe, d'une enveloppe. Sans cytoplasme, sans ribosomes (les structures qui fabriquent les protéines) et sans production d'énergie, il ne fabrique rien par lui-même : il se multiplie dans une cellule, en détournant son fonctionnement. Sa taille n'y est pour rien, et un virus ne grossit pas : les nouveaux virus sont assemblés à partir de pièces fabriquées par la cellule. C'est l'un des arguments du débat : un virus est-il vivant ?
Le chapitre en un paragraphe
★★★Le cours en un texte à trous
La plupart des cellules sont trop petites pour l'œil nu : leur découverte, au XVIIe siècle, a suivi l'invention du microscope . Observées chez de très nombreux organismes, elles ont conduit à la théorie cellulaire : tout être vivant est fait d'une ou de plusieurs cellules , et toute cellule provient d'une autre cellule . L'intérieur des organites n'a été exploré qu'avec le microscope électronique . La cellule est un milieu réactionnel aqueux , séparé de l'extérieur par la membrane plasmique . Pour fonctionner, elle a besoin d'un apport permanent d'énergie , d'où des échanges continus avec son milieu. Une molécule venue de l'extérieur de l'organisme, dite exogène , peut permettre ce fonctionnement ou le perturber. Enfin, un virus se multiplie seulement à l'intérieur d'une cellule .
Le télescope et la radiographie ne servent pas à voir des objets minuscules : c'est le microscope qui a fait découvrir les cellules, puis le microscope électronique, des détails de l'ordre du nanomètre. Les lipides forment la membrane, pas l'intérieur de la cellule, qui est surtout fait d'eau. La capside est la coque de protéines d'un virus, et une mitochondrie est un organite situé à l'intérieur de la cellule. Une molécule endogène est fabriquée par l'organisme lui-même. Enfin, l'idée que des cellules naissent de la matière non vivante, la génération spontanée, a été abandonnée au XIXe siècle : toute cellule provient d'une cellule.
Un virus qui s'attaque aux bactéries
★★★Tailles, microscopes et statut d'un virus
Escherichia coli est une bactérie qui vit dans l’intestin humain : un être vivant fait d’une seule cellule, en forme de bâtonnet, longue d’environ . Son matériel génétique est une molécule d’ADN qui, déroulée, mesurerait environ de long, pour une largeur de .
Le virus T4 s’attaque à cette bactérie. Il est formé d’une tête, une coque de protéines longue d’environ qui renferme son propre ADN, et d’une queue qui lui permet de se fixer sur la bactérie : le virus entier mesure environ de long. Une fois fixé, il injecte son ADN dans la bactérie. Celle-ci fabrique alors de nouveaux virus T4, avec ses propres ribosomes (les structures qui fabriquent les protéines) et sa propre énergie. Au bout d’environ 25 minutes à 37 °C, elle éclate et libère une centaine de nouveaux virus.
Données : ; . Le plus petit détail que distingue un microscope optique mesure environ ; pour un microscope électronique, environ . L’ordre de grandeur d’une taille écrite en écriture scientifique, avec , vaut si , et si .
- Écrire en mètres, en écriture scientifique, la longueur de la bactérie et celle du virus T4. Donner l’ordre de grandeur de chacune.
- Combien de fois la bactérie est-elle plus longue que le virus T4 ?
- Peut-on voir la bactérie au microscope optique ? Peut-on y distinguer la tête et la queue du virus T4 ? Justifier avec les données.
- Montrer que la molécule d’ADN de la bactérie, déroulée, serait environ 800 fois plus longue que la bactérie elle-même. Comment peut-elle tenir dans la cellule ?
- En s’appuyant sur le texte, donner un argument en faveur du statut d’être vivant du virus T4 et un argument contre, puis conclure.
Voir le corrigé
1. On note la longueur de la bactérie et celle du virus. On convertit avec :
Dans les deux cas, le nombre devant la puissance de 10 vaut , plus petit que 5 : l’ordre de grandeur est la puissance de 10 elle-même. Celui de la bactérie est , celui du virus .
2. Les deux longueurs sont dans la même unité, le micromètre : on divise la plus grande par la plus petite.
La bactérie est environ 10 fois plus longue que le virus T4 : leurs ordres de grandeur diffèrent d’une puissance de 10.
3. La bactérie mesure , soit environ 10 fois plus que le plus petit détail que distingue le microscope optique, : on la voit au microscope optique, sous la forme d’un petit bâtonnet.
La tête du virus, elle, mesure environ , moins que : au microscope optique, on ne peut pas distinguer la tête de la queue, et le virus entier, de , est juste à la limite. Pour voir sa forme, il faut le microscope électronique, qui distingue des détails d’environ : la tête, de , est environ 100 fois plus grande que ce détail.
4. On écrit les deux longueurs dans la même unité, avec :
Déroulée, la molécule d’ADN serait environ 800 fois plus longue que la bactérie. Elle y tient parce qu’elle est extrêmement fine, de large, et très repliée sur elle-même : une seule molécule de la cellule peut être bien plus longue que la cellule entière.
5. Pour : le virus T4 possède du matériel génétique, son ADN, qu’il transmet aux nouveaux virus fabriqués dans la bactérie ; il se multiplie, puisqu’une bactérie infectée en libère une centaine.
Contre : il n’est pas une cellule, seulement une coque de protéines qui renferme de l’ADN. Il ne fabrique rien par lui-même : il utilise les ribosomes et l’énergie de la bactérie, et seul, il ne se multiplie pas.
Conclusion : si l’on définit le vivant par la possession de gènes et la multiplication, le virus T4 est vivant ; si l’on exige une cellule qui fonctionne par elle-même, il ne l’est pas. Son statut dépend des critères retenus : c’est pour cela qu’il est discuté.
Réflexe à retenir : pour comparer deux tailles, écris-les dans la même unité, puis divise. Et pour discuter d’un statut, annonce tes critères avant de conclure.
Des betteraves dans l'alcool
★★★Type évaluation : une expérience, trois documents
Document 1 - Le pigment de la betterave rouge. La couleur de la betterave rouge vient d’un pigment, la bétanine, dissous dans l’eau des vacuoles de ses cellules. Une vacuole est un compartiment de la cellule végétale, limité par une membrane. Pour sortir de la cellule, le pigment doit traverser la membrane de la vacuole, puis la membrane plasmique ; la paroi, à l’extérieur de la membrane plasmique, le laisse passer. Ces membranes sont faites de lipides, des molécules de la famille des graisses, et de protéines.
Document 2 - L’expérience. On découpe dans une betterave crue des cubes identiques, que l’on rince à l’eau. On place un cube dans chacun de six tubes contenant de liquide : de l’eau pure, ou un mélange d’eau et d’éthanol, l’alcool des boissons alcoolisées, à une proportion d’éthanol de à en volume ( en volume signifie d’éthanol pour de mélange). Au bout de 30 minutes, on retire les cubes et on mesure l’absorbance de chaque liquide avec un colorimètre : un nombre sans unité, d’autant plus grand que le liquide contient plus de pigment.
Document 3 - L’éthanol dans la vie courante. Un gel hydroalcoolique pour les mains contient beaucoup d’éthanol :
Gel hydroalcoolique pour les mains
Solution hydroalcoolique · 100 mL
- Composition
- éthanol 70 % (v/v), eau, glycérine, épaississant
- Activité
- bactéricide ; virucide sur les virus enveloppés
- Précautions
- usage externe, ne pas avaler ; inflammable ; tenir hors de portée des enfants
Ce gel détruit les bactéries et les virus entourés d’une enveloppe, comme celui de la grippe : cette enveloppe est un morceau de membrane, pris à la cellule que le virus a infectée. Il est moins efficace contre les virus sans enveloppe, comme les norovirus, responsables de nombreuses gastro-entérites.
Dans le sang d’une personne qui a bu de l’alcool, la proportion d’éthanol reste faible : d’éthanol par litre de sang, la limite autorisée pour la plupart des conducteurs en France, correspond à environ en volume. Aux concentrations atteintes dans le sang, l’éthanol perturbe le fonctionnement de cellules, en particulier dans le cerveau et dans le foie, où il est transformé en éthanal, une molécule toxique pour les cellules.
- Pourquoi rince-t-on les cubes avant l’expérience ? Quel tube sert de témoin, et à quoi sert-il ?
- Décrire l’évolution de l’absorbance en fonction de la proportion d’éthanol. Que montre la valeur mesurée dans l’eau pure sur le rôle des membranes ?
- Expliquer pourquoi le liquide se colore davantage quand la proportion d’éthanol augmente.
- Expliquer, à l’aide des documents, pourquoi le gel hydroalcoolique détruit les bactéries et les virus à enveloppe, et pourquoi il agit moins sur les virus sans enveloppe.
- Une affiche de prévention affirme : « L’alcool dissout les membranes de tes cellules. » Montrer que la proportion d’éthanol du tube à est plus de cent fois plus grande que celle du sang à , puis discuter cette affirmation à l’aide des documents 2 et 3.
Voir le corrigé
1. Le couteau déchire les membranes des cellules coupées, à la surface du cube : leur pigment s’échappe tout de suite. Le rinçage l’élimine, pour que le pigment mesuré provienne seulement des cellules intactes.
Le témoin est le tube d’eau pure : même cube, même volume de liquide, même durée, mais sans éthanol. Il indique la quantité de pigment qui sort sans éthanol ; en comparant chaque tube à ce témoin, on mesure l’effet de l’éthanol seul.
2. Dans l’eau pure, l’absorbance est très faible, : presque aucun pigment ne sort des cellules intactes. Leurs membranes retiennent le pigment : elles ne laissent pas tout passer, elles contrôlent les échanges entre la cellule et son milieu.
Jusqu’à d’éthanol, l’absorbance reste faible, inférieure à ( à , à ). À partir de , elle augmente fortement : à , à , puis à . À , elle vaut 26 fois celle du témoin :
3. Pour colorer le liquide, le pigment doit traverser la membrane de la vacuole, puis la membrane plasmique (document 1). Si le liquide se colore, ces membranes ne le retiennent plus : l’éthanol, une molécule exogène pour la betterave, abîme les membranes, faites de lipides et de protéines. Plus la proportion d’éthanol est grande, plus les membranes sont abîmées et plus le pigment sort : l’absorbance augmente.
4. Le gel contient d’éthanol en volume, davantage que le tube à , où les membranes de la betterave laissent déjà sortir beaucoup de pigment.
- Une bactérie est une cellule limitée par une membrane plasmique : le gel abîme cette membrane, la bactérie ne contrôle plus ses échanges avec son milieu et meurt.
- L’enveloppe d’un virus comme celui de la grippe est un morceau de membrane : le gel l’abîme, et le virus ne peut plus infecter de cellule.
- Un virus sans enveloppe n’a pas de membrane à abîmer, seulement une capside de protéines autour de son matériel génétique : cela explique que le gel agisse moins sur lui.
5. On compare les deux proportions d’éthanol :
La proportion d’éthanol du tube à est donc plus de cent fois plus grande que celle du sang. Or, dans ce tube, l’absorbance vaut , presque autant que dans le témoin () : à , les membranes retiennent encore le pigment. Dans le sang, la proportion d’éthanol est plus de cent fois plus faible : l’expérience ne permet pas d’affirmer que l’alcool bu dissout les membranes des cellules. Sur ce point, l’affiche exagère.
L’alcool reste pourtant un toxique pour les cellules : d’après le document 3, il perturbe le fonctionnement de cellules du cerveau et du foie, où il est transformé en éthanal, une molécule toxique. Une formulation plus juste serait : « L’alcool perturbe le fonctionnement de tes cellules, en particulier dans ton cerveau et dans ton foie. »
Réflexe à retenir : une expérience ne prouve que ce qu’elle teste. Avant d’en tirer une conclusion pour une autre situation, compare ses conditions, ici les proportions d’éthanol, à celles de cette situation.
Les trois réflexes à retenir
- Pour comparer deux tailles, écris-les dans la même unité, puis divise. Le quotient dit combien de fois l’une est plus grande que l’autre. Et pour savoir si un instrument montre un objet, compare sa taille au pouvoir de résolution : environ pour le microscope optique, environ pour le microscope électronique.
- Pour mettre en évidence un échange, mesure et compare à un témoin. Ce qui diminue dans le milieu entre dans les cellules, ce qui augmente en sort ; le témoin, identique à une seule différence près, montre que la variation vient bien de ce qu’on teste.
- Pour discuter du statut des virus, annonce tes critères. Gènes, multiplication et évolution plaident pour le vivant ; l’absence de cellule et de fonctionnement autonome, contre. La conclusion dépend des critères retenus, et la taille ne tranche rien. La carte en haut de page rassemble les autres repères du chapitre.