Exercices — Entendre et protéger son audition
💡 Conseil : fais chaque exercice au brouillon avant d’ouvrir le corrigé — c’est en te trompant que tu progresses.
Exercice 1 — Le trajet du son dans l’oreille
Voici cinq étapes du trajet d’un son, dans le désordre :
- (a) les cellules ciliées traduisent les vibrations en message nerveux ;
- (b) le pavillon et le conduit auditif canalisent le son ;
- (c) des aires cérébrales spécialisées interprètent le message ;
- (d) le tympan se met à vibrer ;
- (e) l’oreille moyenne transmet les vibrations à l’oreille interne.
- Remets les étapes dans l’ordre.
- Associe chaque étape à la partie concernée : oreille externe, oreille moyenne, oreille interne ou cerveau.
- À quelle étape le son cesse-t-il d’être une vibration pour devenir une information nerveuse ?
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1. L’ordre est : (b) → (d) → (e) → (a) → (c).
2.
- (b) canalisation du son : oreille externe ;
- (d) vibration du tympan : à la frontière entre oreille externe et oreille moyenne ;
- (e) transmission des vibrations : oreille moyenne ;
- (a) traduction en message nerveux : oreille interne (cellules ciliées) ;
- (c) interprétation : cerveau (aires spécialisées).
3. À l’étape (a) : dans l’oreille interne, les cellules ciliées convertissent la vibration mécanique en message nerveux. Avant elles, tout n’est que vibration ; après elles, tout n’est qu’information nerveuse. C’est pour cela que leur destruction est si grave : sans cellules ciliées, plus de conversion possible.
Réflexe à retenir : externe = canaliser, moyenne = transmettre, interne = traduire, cerveau = interpréter. Quatre rôles, quatre mots.
Exercice 2 — Lire un champ auditif
Le champ auditif humain s’étend d’environ 20 Hz à 20 000 Hz, pour les sons dépassant une intensité seuil. Avec l’âge, la limite aiguë recule : vers 60 ans, beaucoup de personnes n’entendent plus au-delà de 12 000 Hz.
- Un son de 15 000 Hz est-il audible par un adolescent ? Par une personne de 60 ans ?
- Certains commerces diffusent un son aigu vers 17 000 Hz pour faire fuir les adolescents sans gêner les adultes. Explique pourquoi ce procédé fonctionne.
- Un chien perçoit les sons jusqu’à environ 45 000 Hz. Comment appelle-t-on les sons trop aigus pour l’oreille humaine ?
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1. Un adolescent, dont le champ auditif monte vers 20 000 Hz, entend un son de 15 000 Hz. Une personne de 60 ans dont la limite est descendue à 12 000 Hz ne l’entend plus : la perception varie selon l’âge et l’état auditif.
2. Le son diffusé (17 000 Hz) se situe dans le champ auditif des jeunes mais au-delà de la limite de la plupart des adultes, dont l’audition des aigus a décliné. Les adolescents perçoivent donc un sifflement désagréable, invisible… euh, inaudible pour les adultes qui les accompagnent.
3. Les sons de fréquence supérieure à 20 000 Hz sont des ultrasons. Le chien en perçoit une partie — c’est le principe des sifflets « silencieux » de dressage. À l’autre bout, les sons sous 20 Hz sont des infrasons.
Réflexe à retenir : « audible » n’est pas une propriété du son seul, mais du couple son + oreille qui l’écoute. Toujours préciser pour qui.
Exercice 3 — Niveau sonore et durée d’exposition
En milieu professionnel, l’exposition est réglementée : 8 heures par jour à 80 dB sont considérées comme la limite de sécurité. Ensuite, chaque fois que le niveau augmente de 3 dB, la durée d’exposition sans risque est divisée par 2 (car +3 dB correspond à une intensité sonore doublée).
- Quelle est la durée d’exposition sans risque à 83 dB ? À 86 dB ?
- Montre que la durée d’exposition sans risque à 92 dB n’est que de 30 minutes.
- Un casque audio à fond diffuse environ 98 dB. Calcule la durée d’écoute sans risque, puis commente.
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1. À 83 dB (+3 dB), la durée est divisée par 2 : 4 heures. À 86 dB (+6 dB, soit deux fois +3 dB), elle est divisée par 4 : 2 heures.
2. De 80 à 92 dB, il y a 12 dB d’écart, soit 4 paliers de 3 dB : la durée est divisée par :
3. De 80 à 98 dB : 18 dB d’écart, soit 6 paliers, donc une division par :
Sept minutes et demie d’écoute à plein volume suffisent à atteindre la dose quotidienne à risque ! Or beaucoup d’écoutes au casque durent des heures : le danger ne vient pas d’une douleur immédiate (on ne sent rien), mais de l’accumulation silencieuse des dégâts sur les cellules ciliées.
Réflexe à retenir : le risque auditif se joue sur le couple niveau × durée. Petite augmentation de dB = division brutale du temps sans risque, parce que l’échelle des décibels est logarithmique.
Exercice 4 — Une soirée en concert (type contrôle ⭐)
Devant la scène d’un concert, le niveau d’intensité sonore atteint 102 dB. Léa porte des bouchons d’oreilles qui atténuent le niveau de 20 dB ; son ami Tom n’en porte pas.
- Quel niveau sonore reçoit l’oreille de Léa ? Conclus sur l’efficacité de sa protection.
- Au bout du concert (2 h), Tom entend un sifflement persistant (acouphène). Explique ce qui a pu se passer dans son oreille interne, et pourquoi c’est inquiétant.
- On rappelle que le niveau diminue quand on s’éloigne de la source. Propose trois comportements complémentaires pour profiter d’un concert en protégeant son audition.
- Pourquoi les pouvoirs publics imposent-ils une limite de niveau sonore dans les salles de concert ?
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1. Les bouchons retranchent 20 dB :
L’oreille de Léa reçoit environ 82 dB, un niveau proche du seuil de vigilance (80 dB) : pour une exposition de quelques heures, sa protection ramène le risque à un niveau faible, alors que Tom encaisse 102 dB — un niveau où quelques minutes suffisent à créer des dégâts.
2. Les sons trop intenses ont endommagé ses cellules ciliées, qui traduisent les vibrations en message nerveux. Or ces cellules existent en quantité limitée et ne se renouvellent pas : si elles sont détruites, les dégâts sont irréversibles. Un acouphène après un concert est un signal d’alarme : une partie du capital auditif a peut-être été entamée définitivement.
3. Par exemple : s’éloigner des enceintes (le niveau diminue avec la distance) ; porter des protections auditives (bouchons adaptés) ; faire des pauses dans une zone calme pour laisser l’oreille récupérer. Trois gestes simples, cumulables, qui réduisent le couple niveau × durée.
4. Parce que l’audition est un enjeu de santé publique : les dégâts auditifs sont irréversibles, fréquents chez les jeunes, et coûteux pour la société (appareillage, isolement, perte de qualité de vie). Limiter le niveau dans les lieux publics est une mesure de prévention collective, qui complète les protections individuelles.
Réflexe à retenir : ton capital de cellules ciliées est non renouvelable — comme un combustible fossile. Toute la prévention auditive découle de cette seule phrase.
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